Une chronique interculturelle?

jeudi 15 décembre 2011

Le treillis et la nation

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Le 22 novembre, on célèbre l'indépendance du Liban. Une amie, dont la fille de 22 mois est en garderie, nous explique qu'on lui a demandé d'amener sa fille vêtue d'un treillis ce jour là.
Où trouver un costume de l'armée libanaise à sa taille?
Notre amie d'origine belge a été un peu choquée par cette demande, et a préféré ne pas déposer sa fille ce jour là.
Le 22 novembre est un jour particulier au Liban, où les écoles sont le lieu de manifestations qu'on n'hésiterait pas à qualifier de nationalistes dans notre chère France. Drapeaux partout, dessins illustrant l'amour de son pays, chants et poèmes au cours d'une cérémonie (un peu longue) où l'hymne national est repris en choeur par tous les bambins. La présence d'un bataillon de militaire (fanfare ou escadron en démonstration) est le clou du spectacle. Et certains enfants arrivent effectivement en tenue militaire...
Les autoroutes voient également fleurir une campagne d'affichage  vantant l'adéquation jeunesse-armée-nation, illustrée par le visage grimé d'un enfant en tenue camouflage.
On pourrait prendre la même image pour dénoncer la tragédie des enfants soldats dans le monde...

Mais ici, l'armée représente la nation, un corps où les différences communautaires s'effacent avec l'uniforme...
L'uniforme, les barrages militaires, les chars, les mitraillettes font également partie du paysage quotidien.



lundi 5 septembre 2011

C'est Beyrouth!

campus de l'université américaine
Un récent article de L'orient le Jour" faisait état du dépit des Libanais, lassés de voir leur capitale trop souvent associée à la guerre, à la désolation, au chaos.
Un collectif a même recensé les occurrences de l'expression "c'est Beyrouth" dans les médias internationaux, afin de leur faire part de leur mécontentement, et de les enjoindre à cesser d'utiliser cette expression diffamante.
La paresse intellectuelle, l'absence de curiosité facilite les idées reçues , les amalgames.

Si l'on utilisait à tort et à travers l'expression " c'est Gorron" pour désigner une zone intellectuellement sinistrée, riche en cas sociaux, ne comprendrait-on pas que le châtelain préretraité, quasi rentier, jouissant pour l'essentiel de ses facultés intellectuelles, délaisse quelque temps sa tondeuse pour protester contre cet infâme abus de langage?

La fameuse grotte aux Pigeons
Les habitants innocents ne seraient-ils pas à raison excédés, si partout dans les journaux l'expression
 " c'est la Martinière" désignait un haut lieu de la fraude aux allocations familiales?

Abandonner ses préjugés, comme le souhaitait Descartes, pour reconstruire un savoir tout neuf, mais sur quelles certitudes solides?
Préférer avec Bachelard partir de ses représentations toujours fausses mais inévitables pour mieux les dépasser?

Pour rester dans la subtilité , voici un Beyrouth de carte postale; sans crasse, sans embouteillage,
sans détritus, sans milliardaires saoudiens ni sièges sociaux de banques.
vue des vieux souks rénovés

Je crois que j'adore déjà cette ville.

Centre ville, arcades et terrasses